02-03-2026 22:32 - Guerre au Moyen-Orient: les aéroports du Golfe paralysés, une crise aérienne aux conséquences mondiales

RFI - Les aéroports du Moyen-Orient, dont Dubaï, le principal hub international au monde, et Doha, ont fermé leurs portes pour une troisième journée consécutive, laissant des dizaines de milliers de passagers bloqués, provoquant ainsi l'un des chocs les plus violents qu'ait connu le secteur aérien ces dernières années. Les actions boursières de nombreuses compagnies aériennes ont en effet dévissé.
British Airways a vu sa valeur baisser de 9 %, Air France-KLM de 7 %, les compagnies du Golfe et asiatiques sont encore plus à la peine. Il faut dire que les aéroports internationaux du Moyen-Orient comptent parmi les plus fréquentés du monde. En moins de trente ans, Dubaï s'est imposé comme le deuxième hub aérien au monde derrière Atlanta.
En 2025, plus de 95 millions de passagers ont transité par ses couloirs de marbre. Mais depuis trois jours maintenant, les aéroports internationaux de Dubaï, Doha ou encore Abu Dhabi sont à l'arrêt.
Les trois plus grandes compagnies du Golfe, respectivement Emirates, Qatar Airways et Etihad subissent de plein fouet les répercussions du conflit américano-iranien. Dimanche 1er mars, ce sont plus de 40 % des vols au départ et à destination de la région qui ont été annulés.
Les géants du Golfe frappés de plein fouet
C'est l'un des chocs les plus violents qu'ait connu le secteur aérien ces dix dernières années. Et les conséquences vont bien au délà des pays du Golfe. Véritable hub entre l'Asie et l'Europe, les aéroports internationaux de la région, quasiment à l'arrêt, paralysent les compagnies asiatiques et indiennes. Les transporteurs aériens chinois ont ainsi annulé près de 30 % de leur vols vers le Moyen-Orient jusqu'au 8 mars.
« Ces hubs, ces destinations ont très peu de voyageurs en proportion qui restent sur place. Donc le reste, ce ne sont que des voyageurs qui transitent et qui donc vont principalement en Asie. À partir du moment où on réduit la capacité de connexion, moins de voyageurs vont pouvoir voyager, et donc moins de voyageurs vont pouvoir aller ou partir d'Asie. Et de la même manière, la capacité de pouvoir aller d'Afrique en Asie en passant par Dubaï ou Doha », détaille Didier Bréchemier, responsable du secteur transport pour le cabinet Roland Berger.
Les perturbations aériennes causées par la guerre au Moyen-Orient vont d'ores et déjà durer « plusieurs jours, plusieurs semaines, a quant à lui affirmé le PDG d'Aéroports de Paris (ADP) Philippe Pascal sur BFM Business. Même si ça devait revenir du jour au lendemain, les répercussions dureront plusieurs jours, plusieurs semaines, pour rétablir l'ensemble du trafic et les couloirs aériens nécessaires, pour ne serait-ce que coopérer entre deux aéroports. »
Selon l'évolution de la situation dans les jours qui viennent, les grandes compagnies pourraient décider de déplacer provisoirement leur hub dans d'autres aéroports comme au Caire ou à Istanbul avec à la clef, des allongements de temps de vol importants. Reste enfin le prix du kérosène, dont une grande partie est produite dans le Gofle, qui représente entre 25 et 40 % d'un billet d'avion et pourrait lui aussi affecter le secteur aérien.
PAR RFI
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