22-06-2026 00:34 - Colloque de IRA Bruxelles sur l’esclavage en Mauritanie et dans le monde arabo-musulman

L'AUTHENTIQUE - Le député et président de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid, a présidé le colloque organisé par sa cellule à Bruxelles entre le 19 et le 20 juin 2026. Ont pris part à ces assises de haut niveau sur l’esclavage en Mauritanie et dans le monde arabo-musulman, plusieurs parlementaires, juristes, journalistes et activistes d’Europe et de la Mauritanie.
Introduisant le colloque organisé par IRA Bruxelles du 19 au 20 juin 2026 dans la capitale belge, Birame Dah Abeid, député à l’Assemblée Nationale de Mauritanie et président du mouvement abolitionniste IRA, a commencé par présenter ses invités, notamment les panelistes Francesca Feltin, Représentante de l’Union des peuples discriminés (UNPO), Alexis Deswaef, avocat belge et président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), Martin Schultes, politologue italo-allemand, Zakia Khattaby, ancienne ministre et députée belge.
Il a salué les délégations de la diaspora, de IRA et RAG Mauritanie, quelques journalistes dont certains venus de Paris, et a salué la présence de la directrice de Esperanza, une organisation très active dans la défense des droits humains dans le monde.
Faisant la synthèse de la réalité des droits humains en Mauritanie, Birame a rappelé que l’esclavage y survit en tant que mode de domination ancrée dans les usages à tous les niveaux. Dans ce cadre, toutes les voix qui se portent en faux par rapport à cette réalité sont poursuivies et réprimées, selon lui. Il poursuit en déclarant que la première cible de cette chasse aux antiesclavage est le mouvement IRA et ses militants.
Birame Dah Abeid a fustigé dans ce cadre l’attitude de l’Europe qui semble donner sa caution aux exactions commises en Mauritanie dans le domaine des droits de l’homme, à travers ses fonds colossaux avec lesquels elle alimente la machine répressive et discriminatoire de ce pays.
Il a rappelé dans la foulée ce qu’il appelle le scandale « Mauritanie Gate » en rapport avec la corruption de parlementaires européens par le régime de Ghazouani et de son ambassadeur d’alors à Bruxelles, pour retirer le nom de Birame Dah Abeid de la liste des nominés pour le Prix Sakharov. Si l’enquête menée en Belgique avait permis d’épingler et de sanctionner, selon lui, les députés européens incriminés, en Mauritanie cette affaire n’a connu aucune suite.
L’Union européenne, selon Birame, ferme les yeux sur la répression des activistes mauritaniens des droits de l’homme et sur l’éradication programmée des organisations de lutte contre l’esclavage comme IRA et SOS Esclaves.
Il a enfin requis le discernement des élites du monde par rapport aux traitements réservés aux populations noires issues de l’esclavage arabo-musulman et qui vivent exaction, marginalisation, racisme et exclusion au Maghreb, dans la corne de l’Afrique, au Moyen et en Extrême Orient.
Alexis Deswaef, président de la FIDH, a pour sa part indiqué que l’arrestation d’activistes des droits humains a toujours été un signe de faiblesse et de peur de la part des régimes répressifs, citant en référence l’emprisonnement de députées parlementaires, dont l’une avec son bébé. Il a indiqué sur ce plan, que lorsqu’il a été informé il y a plusieurs années de l’emprisonnement de Birame Dah Abeid, il n’a pas eu peur, mais a considéré ce fait comme une opportunité pour lui de percer en politique.
Selon lui, lorsqu’un régime décide d’interdire les manifestations pacifiques, la bonne technique est la désobéissance civile, telle qu’initiée par Ghandi et Martin Luther King. Il a indiqué que l’emprisonnement de parlementaires est une mauvaise idée, car il crée une solidarité de corps partout dans le monde, soulignant que la pression doit être faite sur le régime mauritanien, à travers des visites de parlementaires internationaux et de diplomates.
Quant à Francesca Feltrin de l’UNPO, elle trouve que L’oppression en Mauritanie n’est pas cachée, elle est exercée ouvertement dans la certitude que la communauté internationale ne réagira pas avec suffisamment de force ni de constance pour en faire payer le prix.
Les lois contre l’esclavage existent, selon elle, mais elles ne sont pas appliquées. L’égalité devant la loi, poursuit-elle, est consacrée mais pas respectée.
Elle souligne que les Harratines sont marginalisés et oppressés et quand ils revendiquent leurs droits, leurs marches pacifiques sont réprimées dans la violence et les acteurs arrêtés et emprisonnés puis torturés dans leurs cellules comme c’est le cas de Warda Ahmed Souleymane.
A noter que Birame Dah Abeid avait assisté à Bruxelles à la manifestation organisée par les activistes de la diaspora devant le Parlement européen pour fustiger le pouvoir de Nouakchott pour ses nombreuses violations des droits humains, pour son irrespect des engagements internationaux et ont exigé la libération des détenus d’IRA.
Cheikh Aïdara
Commentaires
Enregistrer un commentaire