10-09-2026 07:16 - Quand le football se prive de ses hommes et de ses talents

 

Quand le football se prive de ses hommes et de ses talents

Les derniers résultats de nos U17 doivent nous interpeller. Au-delà d’une défaite ou d’un tournoi raté, ils posent une question plus profonde : que faisons-nous réellement pour détecter, former et accompagner nos jeunes talents ?

Car le problème du football mauritanien n’est pas seulement celui des résultats. Il est aussi celui des cadres capables de faire émerger une génération. Il suffit de regarder ce que représentait autrefois l’ASAC Concorde sous l’impulsion du Dr Ba Mohamedou. 

Le club avait réussi à construire un véritable vivier : des jeunes détectés, formés, accompagnés, puis orientés vers l’Académie, les clubs du championnat et même vers le football professionnel.

Les archives sportives de l’époque témoignent de cette capacité de la Concorde à alimenter les sélections nationales et les autres clubs en joueurs talentueux. Ce modèle mérite d’être regardé sans nostalgie, mais avec lucidité.

Comment avons-nous pu passer d’une génération de clubs capables de produire et d’accompagner des talents à une situation où nos sélections de jeunes peinent à convaincre ?

Le paradoxe est d’autant plus frappant que l’ASAC Concorde reste aujourd’hui active dans la formation : elle a encore remporté le championnat national U15 en août 2026.

Alors pourquoi ne pas mobiliser davantage l’expérience de ceux qui ont déjà démontré leur capacité à identifier et à faire progresser les jeunes ?

Le Dr Ba Mohamedou est vétérinaire, reconnu et sollicité dans son domaine. Il pourrait parfaitement rester loin du football, regarder les matchs à la télévision et poursuivre tranquillement sa carrière.

Mais ce n’est pas lui qui a besoin du football mauritanien. C’est notre football qui a besoin de ses compétences.

Le précédent de la Concorde ne devrait pas être un complexe pour la Fédération. Les divergences institutionnelles appartiennent au passé. L’avenir, lui, appartient aux jeunes. Et ces jeunes ont besoin de cadres, de transmission, d’expérience et de modèles.

Si nous voulons éviter que les prochains talents passent entre les mailles du filet, il faudra peut-être commencer par ne plus laisser de côté ceux qui savent justement où chercher ces talents.

La question n’est donc plus de savoir si Ba Mohamedou a encore quelque chose à apporter au football. La vraie question est beaucoup plus dérangeante : Avons-nous encore les moyens de nous priver de ceux qui savent fabriquer la relève ?

Par Mohamed Feily dit Antar

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