02-10-2026 07:04 - L'Arabie saoudite accuse les Houthis d'avoir attaqué la ville sainte de Médine

 

L'Arabie saoudite accuse les Houthis d'avoir attaqué la ville sainte de Médine

FRANCE24 - L'Arabie saoudite a accusé jeudi les Houthis d'avoir visé une infrastructure électrique alimentant la mosquée du prophète dans la ville sainte de Médine mardi, deuxième accusation du genre après celle visant La Mecque en septembre.

Le Yémen, le Qatar, la Turquie, le Soudan ou encore la Ligue arabe ont condamné cette attaque tandis que les rebelles yéménites pro-iraniens nient toute responsabilité.

L'Arabie saoudite a accusé jeudi 1er octobre les Houthis pro-iraniens du Yémen d'avoir attaqué la ville sainte de Médine, soulevant une vague de condamnations dans le monde musulman.

La Ligue arabe a dénoncé une "dangereuse escalade" de la part des Houthis, qui ont intensifié leurs frappes contre l'Arabie saoudite depuis leur offensive meurtrière début septembre face aux forces du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et soutenu par Riyad.

Les combattants antigouvernementaux, qui contrôlent la capitale yéménite Sanaa, ont encore dénoncé "une agression saoudienne" jeudi soir contre la ville, où des correspondants de l'AFP ont entendu trois puissantes explosions et vu de larges volutes de fumée dans le ciel.

L'armée régulière du Yémen a quant à elle annoncé vendredi avoir mené "13 frappes aériennes de précision" contre les Houthis à travers les zones qu'ils contrôlent.

La coalition militaire menée par Riyad en soutien au gouvernement yéménite a indiqué avoir intercepté jeudi soir et vendredi matin un total de trois missiles et quatre drones dans le sud de l'Arabie saoudite. Selon elle, les Houthis ont en outre visé mardi matin "une infrastructure civile alimentant en électricité la mosquée du prophète à Médine". La Mecque et Médine, dans l'ouest de l'Arabie, sont les deux villes les plus sacrées de l'islam. Médine abrite le tombeau du prophète Mahomet.

Riyad avait déjà accusé en septembre les Houthis d'avoir mené une attaque de drone contre La Mecque, ce qu'ils avaient démenti. Ils ont de nouveau rejeté jeudi toute responsabilité dans d'éventuelles attaques contre ces lieux saints.

La coalition dénonce un "lâche attentat"

Cela n'a pas empêché la coalition militaire de dénoncer un "lâche attentat" qui "s'inscrit dans les tentatives de cette milice extrémiste de cibler les deux mosquées saintes et la provocation délibérée de millions de musulmans en s'en prenant à La Mecque et Médine", selon un communiqué.

Le gouvernement yéménite a dénoncé "une violation flagrante de la souveraineté du Royaume d'Arabie saoudite et du caractère sacré de Médine, ainsi qu'une provocation délibérée à l'égard des musulmans du monde entier".

Le Qatar, la Turquie, le Soudan ou encore la Ligue arabe se sont joints au concert de condamnations. Le ministère qatari des Affaires étrangères a dénoncé "une grave atteinte au caractère sacré des lieux saints de l'islam, une provocation manifeste des sentiments des musulmans, un mépris inacceptable pour les vies civiles".

Pour la Ligue arabe, "cette attaque suscite la colère des musulmans du monde entier et traduit une dangereuse escalade de la part de la milice houthie".

La mosquée Al-Azhar du Caire, siège de la plus haute autorité de l'islam sunnite, a également exprimé son "rejet catégorique" de cette attaque "qui menace la sécurité de la Cité du Messager d'Allah (paix soit sur lui) et la met en danger".

Le Soudan a déploré un "acte haineux".

La Turquie soutient son allié saoudien

Le ministère turc des affaires étrangères a réaffirmé son soutien à son allié saoudien : "Ces attaques provocatrices, qui menacent la souveraineté et la sécurité de l'Arabie saoudite et visent les valeurs sacrées du monde islamique, doivent cesser immédiatement et sans condition".

La Turquie, le Pakistan et l'Arabie saoudite sont liés par un pacte de défense mutuelle, signé en août à la Mecque. Jusqu'à présent, Islamabad et Ankara se sont cependant abstenus de s'engager militairement dans le conflit.

Après plusieurs années d'accalmie, le Yémen a replongé en juillet dans la guerre, ouvrant un nouveau front dans le conflit au Moyen-Orient. Les hostilités opposent les Houthis, qui tiennent Sanaa et le littoral yéménite sur la mer Rouge, au gouvernement reconnu par la communauté internationale, qui s'est replié à Aden et exerce son autorité sur une grande partie du sud et de l'est.

Les combattants pro-iraniens ont mené début septembre une offensive meurtrière, s'emparant en quelques jours des régions côtières du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, qui contrôle l'accès à la mer Rouge - et, partant, au canal de Suez.

Avec AFP


Commentaires